mercredi 15 novembre 2017

Rudy, tes spaghettis sont servis et la soupe aussi

Je vous donne à lire ci-dessous une lettre ouverte à Rudy Ricciotti.
Il est clair maintenant que la Région Ile-de-France, que ses institutions patrimoniales qui la représentent, que la politique du Grand Paris, osent tout, c'est à ça d'ailleurs qu'on les reconnaît. Chemetov et Prouvé à Saint-Ouen, Émile Aillaud à Nanterre, Jacques Kalisz à Nanterre, Tour Montparnasse, Claude Parent et Paul Virilio à Vélizy-Villacoublay, Esquillan à Fontainebleau et maintenant Maison du Peuple à Clichy de Beaudouin, Prouvé, Bodiansky et Lods... Le bilan des attaques contre le patrimoine moderne et contemporain devient lourd, très lourd, honteux. À qui le tour ? Le Musée des Arts et Traditions Populaires de Dubuisson peut-être...



Salut Rudy !
Je vais te tutoyer car tu es de ceux qui ont toujours fait de leur gouaille un signe de reconnaissance, comme si les tonalités de ta langue si chantante et fleurie et sans compromis devaient pouvoir immédiatement nous permettre de comprendre la franchise de ton architecture et de ta pensée, comme si cette voix, ta voix était l'occasion d'une complicité dont j'ose me saisir ici.
Dans cette vidéo, Rudy, tu affirmes avec une fierté non feinte qu'un architecte ça doit être un casse-couille, je crois que tu remplis bien ton programme.



Car vois-tu, lorsque pendant toute une carrière on joue l'outsider de service, celui qui empêche de tourner en rond, le grand pourfendeur de la pensée commune et le mec proche de la réalité du terrain et des connaissances des métiers, il est étonnant de voir soudain un travail qui écrase justement ceux qui, dans l'histoire de leur Art, furent les pionniers de cette brutalité chantante et de cet hommage aux gens : la Maison du Peuple de Clichy.
Non mais franchement Rudy... Qu'est-ce qui se passe ? C'est quoi cette tour de spaghettis qui va se dresser dans le ciel comme une corde enchantée par un magicien hindou et qui réduit le chef-d'œuvre de Prouvé, Lods, Bodiansky et Beaudouin à un plat de cantine en aluminium ?

Ce n'est pas à ta hauteur, c'est ça le pire. Pas à ta hauteur.

Mais vous, (je reprends le vouvoiement toujours lorsque je suis en colère), mais Monsieur Ricciotti franchement, là, vous rigolez ? Non ? Allez... C'est une blague ? Vous allez annoncer demain que vous y renoncez à ce projet et que c'était là un exercice pour montrer à tout le petit monde de l'architecture à quel point la gestion du Patrimoine Architectural du XXème siècle est méprisé en France ? 
Car sinon, tout ce que vous étiez jusque là, tout ce que vous avez porté de colères, d'intransigeance, de force et de respect à ceux qui bâtissent devient vain, inutile.
Quand on fait finalement de ses colères, de sa révolte, une image de marque, un objet de communication, un slogan à la Seguela pour servir un plat de promoteurs, on devient quoi ? 
Comment appelez-vous cela ?
Alors vous me direz que vous êtes donc bien un casse-couille pour tous ceux qui comme moi défendent le respect du Patrimoine et que vous méprisez ce combat car, sans doute, nous sommes, nous, croyez-vous, dans l'histoire et vous dans l'avenir... Que l'Histoire de la Modernité doit être réécrite, que son respect est inutile, voir ringard.
Vous avez sans doute raison Monsieur Ricciotti, mais entre l'histoire d'une gauche populaire de Clichy et de sa Maison du Peuple et l'avenir du Grand Paris des Promoteurs soutenu par une politique fourvoyée de personnalités décadentes à leur propres idéaux, je préfère le passé. 
Et je parie, oui, je parie que vous aussi Monsieur Ricciotti finalement. 
Rien dans votre projet architectural, rien ne rend hommage à cet optimisme, à cette architecture, à ces combats sociaux. Et surtout rien ne rend ici hommage à votre propre travail. Vous vous servez de ce passé comme d'un symbole, un signe qui vient marketer votre tour. Et l'absence de cette belle franchise qui était la vôtre est le signe de ce ratage. En fait, cette tour, elle débande, triste après sa petite mort érectile.
C'est certain que vous me rétorquerez que vous ne vouliez pas rendre hommage, que vous pensez que l'hommage aux aînés est une servilité. Que ce que porte cette Maison du Peuple d'idéologies d'émancipations sociales doit être réduit au silence simple de sa structure, comme un squelette vidé de sa chair. 
Mais le blanc de votre tour, ce blanc comme une boutique Macintosh de province, son élan amolli par sa façade serpentine, le contact entre l'existant, tout y est déjà épuisé surtout par son bio-design des années 90 que même Audi a abandonné il y a longtemps. Ce n'est pas du Maniérisme, c'est maniéré, c'est nouille comme on disait des mauvais suiveurs de Guimard.  Pourquoi avez-vous perdu votre puissance, votre force, votre courage ? Pourquoi la rage Ricciotti a disparu ? Pourquoi votre belle et nécessaire radicalité poétique a laissé la place à cette ascension racoleuse de spaghettis ? Quel mauvais, très mauvais dessin... Vraiment pas à votre niveau.
Mais le pire c'est l'ensemble des complicités à cette attaque patrimoniale. Le pire c'est cette caution. Le pire c'est le fourvoiement des Institutions Culturelles logotypées dans les arguments (publicitaires) des promoteurs. Ils ont instrumentalisé votre hargne pour en faire l'argument de leur probité. Le pire c'est ça, cette communication qui prend la place de la pensée, qui fait semblant, cette novlangue, outil magique pour faire passer l'indigestion de ce plat de spaghettis. Quand l'architecture devient communication, quand on illustre des concepts communicationnels par une construction, on ne fait pas de l'architecture. On fait un produit. 

Et, venant de vous Monsieur, de vous, après tout ce que vous avez porté, que j'ai tant aimé, tant admiré, et même tant diffusé auprès de mes étudiants comme modèle de résistance à ce monde boursouflé, c'est là le signe infamant qu'ils ont gagné et que nous avons perdu. Je vous inclus dans ce Nous.
Vous avez inventé ici le totem de ce retournement idéologique. Nous aurions préféré un beau majeur dressé dans le ciel de Clichy, doigt plus digne de l'héritage du Progrès Social.
Tu as raison Rudy, un architecte ça casse les couilles et on a le droit de changer après tout et nous, vois-tu, nous avons le droit au désamour.

Sinon ? Ça va ?

Pour en savoir plus sur ce projet allez là :
http://www.leparisien.fr/clichy-92110/maison-du-peuple-le-pcf-de-clichy-oppose-aux-appartements-de-luxe-05-11-2017-7374381.php 
Allez ici et lisez bien les arguments de communications. C'est hilarant puis affligeant. Où apprennent-ils à rédiger de tels textes ?

http://www.groupeduval.com/projet-maison-peuple-de-clichy-garenne/


lundi 18 septembre 2017

Saint-Ouen, Journées Européennes de destruction du Patrimoine

La Ville de Saint-Ouen-sur Seine va faire œuvre d'une grande originalité pour ce week-end des Journées Européennes du Patrimoine en offrant à tous l'occasion de voir le massacre d'un élément important de son histoire et de son Patrimoine Architectural du Vingtième Siècle : la Tour Cara de Paul Chemetov et Jean Prouvé.
On sait ici, et partout dans le Monde, (sauf à la Mairie de Sant-Ouen et chez Madame Pécresse) le rôle historique de Jean Prouvé, architecte-ingénieur dont l'œuvre entière est amoureusement sauvegardée, sauvée et même fétichisée. Eh bien, voyez-vous, il aura suffi d'une inculture générale des responsables politiques de cette ville associée à un pouvoir politique pour que, une fois encore en Ile-de-France, un Patrimoine de cette importance échappe à la sauvegarde pour faire plaisir à l'esthétique et au bon goût des Princes et des Princesses locaux mais surtout à leur amis agents immobiliers qui, avec mépris et arrogance, viendront pondre leur merde spéculative sur l'histoire de l'Architecture. La complicité est partout, la lâcheté est son instrument. Faut dire, y a du pognon à gagner et de la gentrification à faire, faisons main basse sur les signes du populaire. Et Foyer des Jeunes Travailleurs ça fait peur à la Dame. Surtout le soir, la nuit, tous ces jeunes travailleurs...

















Monsieur Chemetov est donc maudit. Il faut croire que le message architectural qu'il a défendu est aujourd'hui perdu à jamais, foulé aux pieds par des institutions et des villes dont pourtant l'histoire sociale et politique, celle d'un humanisme, est fondatrice. Si la Ville de Saint-Ouen perd cet ensemble constitué d'une tour Cara de Paul Chemetov et d'une construction de Jean Prouvé, elle niera son histoire et son patrimoine d'une manière inédite que seules les communes de Fontainebleau, de Vigneux-sur-Seine, de Grand-Quevilly ont su partager.
Car c'est la honte qui doit tomber sur cette ville et ceux qui prennent ces décisions hors de toutes réalités historiques. Il faut tout de même, une fois encore, se demander comment il se fait qu'une telle construction  ayant deux des plus grandes signatures de l'architectures associées ait pu échapper aux responsables patrimoniaux de l'Ile-de-France ? Pourquoi aucune mesure de protection, aucun signalement n'ont été opérés sur cet ensemble ? Il y a quelqu'un ? Ouhou... y a quelqu'un ?
On notera que sur la page web de la Mairie de Saint-Ouen-sur-Seine, aucun nom d'architecte n'est donné. Tu m'étonnes... Jean Prouvé et Paul Chemetov sont de grands inconnus... On réduit le travail de Jean Prouvé à des "bâtiments préfabriqués jouxtant la tour." Avec une telle réduction du travail architectural, on comprend le niveau de la culture architecturale du personnel de la Mairie de Saint-Ouen ! On voit comment on joue avec le mot préfabriqué pour réduire l'importance du bâtiment.
Je vous laisse avec la parole de Paul Chemetov. Tout est dit et bien dit :

http://www.telerama.fr/scenes/paul-chemetov-pas-touche-a-ma-tour,n5196366.php?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#link_time=1505145422

En espérant que Monsieur William Delannoy Maire de Saint-Ouen, que Madame Brigitte Bachelier adjointe chargée à la Culture de cette ville seront fiers d'être les agents d'une honte patrimoniale à l'heure même de ces journées Européennes dudit Patrimoine....
Que Vivent ces Journées Européennes du Patrimoine avec leur cortège d'ignorants, de spéculateurs et de complices. En France, aujourd'hui, à Sant-Ouen-sur-Seine, on méprise l'héritage de Jean Prouvé et celui de l'A.U.A, c'est à dire l'héritage d'une politique architecturale humaniste inscrite dans les formes mêmes de l'Architecture. Bonne journée La France.

Pour en savoir plus :
https://www.seine-saint-denis.fr/IMG/pdf/cahier_du_patrimoine.pdf
http://www.caue13.fr/sites/default/files/fichaffiche_15_la_setec_rv.pdf





mercredi 14 juin 2017

Nouveau scandale. Oui...Encore !

Si vous êtes de ceux qui aiment une forme subtile et joyeuse de l'architecture, de ceux qui croient que ne rien céder de l'intelligence ne veut pas dire construire seulement pour une élite, de ceux qui savent que le verbe habiter est le plus beau, que l'urbanité est faite de voisinage, de partage, mais aussi de cachettes, que la végétalisation n'est pas un décor pour faire une démagogie écologique, qu'enfin vivre dans son architecture est toujours le signe chez une architecte d'une fidélité à ses utopies et à ses théories, alors vous allez signer la pétition ci-dessous pour sauver La Maladrerie, œuvre géniale car humaniste de Renée Gailhoustet.
Une fois encore, l'aveuglement est total. Le pragmatisme sert la bêtise. L'absence de pensée fait le jeu du faux-semblant. Toucher à la végétalisation de La Maladrerie ce n'est pas seulement croire résoudre un problème c'est éradiquer toute sa qualité, c'est ne rien avoir saisi de la leçon architecturale et surtout d'un Patrimoine architectural pourtant observé, copié, jalousé par les plus grands noms de l'Architecture Contemporaine. Je sais que Rem Koolhaas vient là.
Mais comment en France en est-on arrivés là ?
Comment a-t-on pu ainsi laisser dans des mains aussi peu éclairées le devoir de pérenniser des œuvres aussi importantes ? Après le scandale de la Cité des Poètes à Pierrefitte-sur-Seine, voilà qu'est attaquée l'une des plus belles réalisations du logement social en France. Il suffit d'avoir la chance de parcourir et de visiter les constructions de Madame Gailhoustet pour saisir l'incroyable chance de vivre là.
Signez, partagez, diffusez cette pétition. Rendez-vous dès que vous le pourrez dans les architectures de Madame Gailhoustet, racontez votre visite et votre espoir d'une France qui, enfin, se rappellera qu'elle a su, à une époque pas si lointaine, produire pour tous une architecture sociale de qualité.
Je vous donne quelques extraits du livre Éloge du Logement, renée Gailhoustet, SODEDAT 93 et Riposati éditeurs, 1993.
Signez ICI  !




































































lundi 24 avril 2017

dernière lettre ouverte à Madame Azoulay avant son départ

Madame Azoulay,
Ministre de la Culture et de la Communication,


Je suis un citoyen français, j'ai fait mon service militaire, je travaille dans la fonction publique, je paie mes impôts et mes costumes, mes contraventions aussi car, lorsque je commets une faute vis-à-vis de la République et de ses lois, je tente toujours au mieux de réparer et j'admets mon erreur.
Je pense donc être un citoyen digne d'une réponse de votre part, Madame la Ministre de la Culture.

Par trois fois Madame Azoulay, je vous ai adressé un courrier sur papier, ce que nous appelions avant une correspondance. Ce mot aussi est beau, correspondance.
Je croyais et je crois encore que, lorsqu'un citoyen écrit à une Ministre, même si il ne peut s'attendre à une réponse familière ou même trop personnel, l'administration interpelée se doit de répondre si ce n'est par la négative à la dite requête au moins, au minimum, par un courrier formel indiquant qu'il a bien pris en compte ce courrier.

Par trois fois, Madame Azoulay, je n'ai eu de votre part ou de ceux qui travaillent pour vous aucune réponse.

Trois fois.

En ce lendemain d'élections, je ne sais pas dans quel état cette lettre ouverte vous trouvera.
Au travail sans doute, réglant les derniers dossiers, travaillant au passage possible de votre Ministère à votre successeur. Je crois que nous espérons tous les deux que ce Ministère de la Culture sera toujours un Ministère de l'ouverture, de l'échange, de l'expression libre, et d'une forme de joie et de vie poétique.
Alors, Madame la Ministre de la Culture, nous aurons un Ministère de l'altérité qui écoutera, entendra, comprendra que la Culture se fait avec l'ensemble des mouvements citoyens, avec les associations, avec les artistes, avec les enseignants, avec ceux qui, lorsqu'on s'adresse à eux répondent.

Répondre.

L'état du Patrimoine Architectural Moderne et Contemporain est aujourd'hui terrible. Les menaces et les destructions n'ont jamais été aussi puissantes souvent pour des raisons croisées allant d'un manque de culture de nos élus et des citoyens à des lois sur la réduction énergétique qui écrasent les particularités et les fondements de leur beauté. Quant à nos paysages...

Il est temps d'établir un état d'exceptionnalité patrimoniale totale du Patrimoine Moderne et Contemporain.

Les destructions s'enchainent, les Labels Patrimoine du Vingtième Siècle sont bafoués, dans des villes de droite comme dans des villes de gauche.  Dans les villes mais aussi dans nos campagnes où un petit patrimoine mal connu, mal aimé est réduit au silence. Voyez, par exemple, comment la cantine scolaire de Marçon dessinée par Messieurs Wogenscky et Le Corbusier est traitée...
Le classement du centre commercial de Ris-Orangis attend depuis cinq années une réponse de l'administration.
Je ne vous fais pas l'affront de vous faire à nouveau une liste, certain que je suis que ces dossiers sont sur votre bureau et j'ai déjà eu la joie de vous les signaler par trois fois.

Trois fois.

Vous avez avec le Patrimoine Moderne et Contemporain un levier puissant pour dire votre attachement à certains territoires délaissés. Vous avez par la déclaration d'intérêt patrimonial de ces architectures dans ces territoires l'outil pour dire à ces populations qu'ils appartiennent à la Culture, qu'il y habitent, qu'ils l'utilisent et la rendent vivante. Vous auriez pu jeter sur ces territoires une lumière, celle qui permet de reconnaître un monde.

Je ne sais pas ce que deviendra cette lettre. Finira-t-elle, archivée, dans une boîte ? Je suis certain que mes collègues fonctionnaires au Ministère de la Culture feront bien ce travail d'archivage.
Ou ira-t-elle directement dans la broyeuse, accompagnée d'un sourire complaisant se moquant de ma naïveté à croire que vous me lirez et me répondrez et que la politique ne se fait pas de la sorte par l'interpellation citoyenne ?
C'est pour cette raison que je publie cette lettre ici, sur les réseaux dit sociaux. C'est aussi une belle terminaison, réseaux sociaux.

Ne pas répondre à un citoyen c'est le désespérer. Ne pas répondre, c'est ce qui fait douter de la démocratie et de son bon fonctionnement. Ne pas répondre c'est du dédain de l'expression populaire.
Nous savons, tous les deux Madame la Ministre, comment cela se termine.

Alors, je joins un timbre à ce courrier. Peut-être qu'après tout le budget du Ministère de la Culture ne vous permet plus de répondre par courrier à un citoyen. Ce timbre c'est la preuve de l'existence d'un service public, d'agents qui cheminent sur les routes portant avec eux les missives des citoyens français croyant encore aux fonctionnements des services publics et de leurs représentants élus.

Dans l'espoir fou que vous soyez encore pour quelques temps dans l'action politique et poétique, veuillez agréer Madame la Ministre de la Culture, l'Expression vivante et citoyenne de ma Considération Distinguée.

David Liaudet

À ce jour, Madame Azoulay n'a pas répondu, ni son service. Merci d'autant de limpidité, Madame.



Pour la correspondance de cette carte postale de Viry-Chatillon, Huguette indique : " Fixez-moi un après-midi de la semaine prochaine et j'irai le passer avec vous...Le soleil revenu remet le moral en place. À bientôt."
Tout pareil que Huguette, Madame la Ministre, tout pareil.
N'oublions pas que l'ensemble résidentiel CILOF est de l'architecte Maurice Novarina et qu'il s'agit d'une édition Combier en photographie véritable datée de 1965.




mercredi 8 mars 2017

Jean-Michel Lestrade à l'auditorium




Je fais un petit résumé de la conférence de jeudi sur Jean-Michel Lestrade. D'abord, je tiens ici à vivement remercier Tania Vladova et Jean-Paul Berrenger, tous deux enseignants à l'école des Beaux-Arts de Rouen pour leur invitation. C'est toujours une chance de pouvoir exprimer ce qui nous tient à cœur. Je remercie également Jean-Jean Lestrade, venu spécialement de Sèvres pour assister et aussi participer avec sa manière à cette conférence. Sa voix a su porter son héritage. Alvar, ton fils est un digne porte-parole de ta famille ! Merci encore.
Quel plaisir aussi de retrouver les amis rouennais, les étudiants de l'école des Beaux-Arts de Rouen qui ont su poser des questions pertinentes et semblent sensibles à l'architecture moderne et contemporaine.
J'ai donc fait une conférence assez classique avec un cheminement biographique surtout orienté sur les "grands chantiers" de Jean-Michel Lestrade, ceux les plus iconiques, reconnus par tous et que, pour la plupart,  nous avons déjà évoqués sur ce blog. Nous n'avions ni le temps ni les moyens en 2 heures de faire mieux mais déjà c'était bien !



Jean-Jean Lestrade écoute attentivement.




















Nous avons donc évoqué la jeunesse et les chantiers expérimentaux, la période de la Reconstruction, Royan et son chantier, les Trente Glorieuses et le passage de témoin à Mohamed Lestrade. Les images de l'esplanade de la Défense étant celles qui ont clos cette conférence, offrant les deux chantiers les plus importants : celui du père avec sa participation au C.N.I.T et celui du fils avec sa participation à la Grande Arche. Puis nous avons évoqué le projet d'exposition et enfin, Jean-Jean et moi tenions à rendre hommage à Denis Herzog. Ce que nous fîmes avec Waiting Room de Fugazi.
Voilà.
J'espère pouvoir d'autres fois vous rencontrer pour évoquer Jean-Michel Lestrade, sachez que cette conférence fut captée et qu'il vous sera donc possible de la voir ou de la revoir bientôt.
Je remercie enfin vivement le personnel du Musée des Beaux-Arts pour son accueil et son professionnalisme (merci Alex) et je remercie très vivement Simon qui m'a aidé pour la préparation technique et un peu difficile de cette conférence.
Les images sont de Claude Lothier, Merci Claude !


Claude Lothier, votre serviteur, Jean-Paul Berrenger, Jean-Jean Lestrade, Rose Mansion

















le retour
























mardi 28 février 2017

conférence sur Jean-Michel Lestrade

J'ai beaucoup de plaisir à vous informer que ce jeudi 2 Mars, je ferai une conférence intitulée  Jean-Michel Lestrade, ingénieur-Structures ou un humanisme précontraint à l'auditorium du Musée des Beaux-Arts de Rouen à 10h30.
C'est gratuit et ouvert à tous.
Cela sera la première occasion d'évoquer en public l'œuvre de cette personnalité trop oubliée de l'histoire de l'Architecture des Trente Glorieuses. Je tenterai de remettre en lumière ce parcours exceptionnel et pourtant discret de ce calculateur qui a permis aux architectes parmi les plus célèbres de son temps ( Gillet, Candilis, Renaudie, Prouvé, Esquillan...) de réaliser dans le réel les espoirs d'une architecture humaniste et sociale.
Par bonheur, cette conférence se fera en présence de Jean-Jean Lestrade, arrière-petit-fils de Jean-Michel Lestrade avec lequel nous trions les archives de l'agence Lestrade dans l'espoir du montage d'une exposition sur l'œuvre de son aïeul dans les prochains mois.
Venez nombreux !
 

Toutes les infos pratiques ici :
https://fr-fr.facebook.com/events/1875100229380223/

samedi 18 février 2017

Anniversaire ! 10 ans !

J'ai loupé une date importante !
Depuis le 29 janvier de cette année votre blog a donc 10 ans !
Joyeux anniversaire le blog !
En effet tout commença en 2007 avec une carte postale de La Grande Motte, ce qui m'étonne encore, car, sans doute on aurait pu s'attendre à une carte de Royan !
Mais depuis ! Que d'aventures ! Que de confiance aussi ! Et que de découvertes !
Suis-je épuisé par ces dix années ? Oui...Parfois. Il arrive que le sentiment d'avoir fait le tour de la question se pose et puis surgit une carte, un détail, un correspondant pour que tout redémarre et j'ai aussi environ quatre à cinq mille cartes postales qui attendent...
Alors faisons le point chiffre : un million sept cent mille visites pointées par un post, ce qui laisse de la marge pour la lecture défilante...Deux mille deux cent articles...Deux volumes... http://archipostcard.blogspot.fr/ et http://archipostalecarte.blogspot.fr/ 
Je n'ai pas le nombre d'images mais bon avec une moyenne de deux ou trois par post...
Les meilleurs souvenirs ? Dans le désordre, quoique :
- De lire mon nom dans l'ouvrage de François Chaslin sur Le Corbusier. Un immense honneur.
- De rencontrer et partager avec Dominique Amouroux, l'auteur de notre guide d'architecture vénéré.
- La découverte du Fonds Bueb et la publication du livre. Spéciale dédicace à Julien Donada et à la famille Bueb si accueillante à notre projet.
- La résidence à Royan avec Thomas Dussaix et l'édition de mon livre sur Royan, ma grande fierté. Spéciale dédicace à Charlotte de Charette et Véronique Willmann.
- Bien évidemment, le classement de Sens et la joie d'avoir partagé un peu de ma vie avec Monsieur Claude Parent et sa famille. J'y ajoute la campagne pour Ris-Orangis inachevée. Spéciale dédicace à Viviane Rat-Morris.
- Le sauvetage de la bulle six coques avec toute l'énergie et l'amour autour. Spéciale dédicace à la famille Hérisson et à Manon Alberger.
- Ma rencontre avec Clément Cividino, son énergie passionnée, et sa certitude à faire de cette passion un moyen de sauver le Patrimoine mobilier et immobilier.
- Ma rencontre avec la Famille Lestrade et la confiance aigüe qu'ils me portent. Spéciale dédicace à Jean-Jean et Alvar.
- La rencontre avec le Comité de Vigilance Brutaliste dont je sais si peu de choses...
- L'exposition à Évreux, merci Emmanuel André et celle à La Forme au Havre avec Claude Parent, Thomas Dussaix et celle à Rouen sur l'invitation de Marc Hamandjian et Jean-Paul Berrenger.
- Toutes les conférences (beaucoup maintenant !), toutes les visites guidées, tous les articles, les interviews, les expositions, les films dont celui sur Royan...


- La chance de me laisser prendre le micro à Radio On et de faire ma Chronique Corbuséenne. Spéciale dédicace aux étudiants et à Philippe Langlois. Merci Philippe.
Merci à tous les donateurs, tous, ceux d'une seule carte postale ou ceux d'un paquet entier. Spéciale dédicace à Laurent Patart et Daniel Leclercq.
Merci aussi à tous ceux qui piochent dans mon Fonds, qui me demandent gentiment (ou non...) des images et qui ainsi prouvent chaque fois la validité des cartes postales comme documents historiques pour une compréhension pointue de la relation entre la photographie, l'architecture et la sauvegarde du Parimoine.
Merci aux éditeurs et à leurs photographes pour leur travail maintenant un peu mieux reconnu.
Ce blog ce veut joyeux mais aussi citoyen. Chaque carte postale est un slogan, une preuve, une histoire et une tribune pour le sauvetage et la lutte pour la reconnaissance du Patrimoine Architecturale du Vingtième Siècle.

Mais je voudrais faire un énorme merci, ÉNORME,  à celui qui me suit, me pousse, me porte. Celui qui relit dans l'ombre, qui corrige toujours avec une extrême patience (et il en faut...) tout ce que j'ai écrit. Sans le travail de Claude Lothier qui décide de mettre son propre travail de coté pour lire mes textes, sans son opiniâtreté, sans ses bras autour, toujours, rien ne serait.
Claude....MERCI.
Tu es sans doute, de fait, le plus grand et le plus fidèle lecteur de ce blog. Mais tu es aussi par ton œil, ton analyse, tes décisions d'aller voir, ta certitude que les images nous portent, celui qui m'a le mieux permis de réaliser dix années d'écriture, de voyages, de combat.
Je te dédicace donc ces dix premières années. C'est de notre anniversaire qu'il s'agit.
Remerciez-le tous, chères lectrices, chers lecteurs, en allant par exemple voir son propre blog :
http://leblogdeclaudelothier.blogspot.fr/

Alors j'oublie sans doute plein de choses, de gens, de moments. Dites-le moi !
N'oubliez pas que ce blog est en deux volumes. N'oubliez pas que vous pouvez vous y abonner.
Quelle carte postale choisir pour un tel anniversaire ?
La dernière arrivée ? Une de Royan ? La première ? Je ne savais pas.

J'ai choisi une carte postale un peu particulière, qui parle de l'un des plus grands architectes français du Logement Social qui reste ma priorité.
J'ai choisi une carte postale représentant une œuvre majeure, un chef-d'œuvre absolue, une utopie humaniste, une leçon parfaite, un brutalisme utile et verdoyant.
J'ai choisi l'amour, l'homme, le paysage accompli par l'architecture.
J'ai choisi l'urbanité au lieu de l'urbanisme, j'ai choisi le plan au lieu de la surface, j'ai choisi l'altérité faite forme.
J'ai choisi l'architecte Jean Renaudie :



Cette carte postale un peu particulière est un dessin de Yves Orly pour Givors et les Étoiles de Monsieur Jean Renaudie. C'est une édition Combier réalisée semble-t-il spécialement pour en faire un entier postal et éditée pour l'affranchissement Premier Jour le 20 avril 1985 du timbre de ce quartier des Étoiles de Givors.
Le dessin de Yves Orly est bien des années 80. Il nous amuse aujourd'hui par sa manière de mettre un peu en retrait l'architecture. On dirait que le dessin vient d'un des premiers logiciels de retouche d'images ou de photocopies successives...C'est joyeux, tendre, presque fragile. Et c'est, pour ce dixième anniversaire, une parfaite représentation de l'architecture.
Vive l'architecture moderne et contemporaine !
Vive tous les citoyens qui se battent pour la sauver, la défendre, l'enseigner !
Allez-voir, battez-vous. Imaginez ! Imaginez ! L'architecture se parcoure, se visite, se rêve.
Et comme dit si bien Jules Verne cité par Georges Perec :

"Regarde ! De tous tes yeux, regarde !"